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1927 - Napoléon - Abel Gance

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1927 - Napoléon - Abel Gance

Message  Admins le Dim 8 Sep 2013 - 22:07



N A P O L E O N



Abel Gance - France - jusqu'à 9h - 1927






Préambule:
En 1927 Abel Gance propose une "espèce de film" basé sur la vie de Napoléon, l’œuvre est plus qu'ambitieuse, colossale, mégalomane, ... les superlatifs manquent pour décrire ce que le maître a voulu faire. d'abord sur le plan technique c'est l'invention d'un genre de cinémascope puisque l'écran est démesuré et qu'il faut 3 projecteurs, car 3 films sont projetés simultanément. Et forcément une telle technologie unique ne manquera pas de poser des problèmes pour sa projection ou son transfert au format courant.

Ensuite la musique se veut être originale, pas question de puiser dans de la musique existante, il souhaite une composition nouvelle et c'est Arthur Honegger qui compose véritablement une œuvre symphonique, d'où la nécessité d'un orchestre de haut niveau pour pouvoir la jouer, certains disent même qu'il s'agit d'un concert accompagné d'un film ;-)

Ensuite le projet se bâtit sur la passion de cette page de notre Histoire, et Gance qui admire Napoléon veut être à la hauteur, du coup il dépense sans compter et dévore des kilomètres de pellicule, voulant réaliser toute la vie de l'Empereur en plusieurs films, il n'en fera finalement qu'un seul correspondant à sa jeunesse et ses premiers exploits.

Le résultat est colossal, plusieurs heures, et d'innombrables redécoupages aboutissent à plusieurs versions, au final le film s'en trouve handicapé, sa projection nécessitant toute une organisation et très vite il tombera dans l'oubli car à l'évidence bien trop peu de monde a pu profiter d'un tel spectacle.


Quasiment disparu, le restaurateur anglais Kevin Brownlow réalisa sa sauvegarde pour proposer sa version, les droits ayant été acquis par FF Coppola, ce dernier en réalisa une autre version orchestrée par la musique de son père, et c'est cette seule version qui existe en VHS ou DVD, elle est hélas introuvable en France !!

Bref le plus grand film du cinéma français a été sauvé par un anglais, acheté et commercialisé par un américain, et il est introuvable en France, ... chacun appréciera notre nullité à préserver notre patrimoine.





Quelques  projections:

Rome


Napoléon, d'Abel Gance, au Colisée par Rome-en-images


San Francisco 2012



Dernière édition par Forum le Jeu 27 Oct 2016 - 23:43, édité 17 fois
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Re: 1927 - Napoléon - Abel Gance

Message  Admins le Dim 8 Sep 2013 - 22:08


Un article détaillé par la cinémathèque française:


La Comète Napoléon
Le texte suivant est le résumé d’un article de Georges Mourier publié intégralement en français dans le numéro 86 (avril 2012) de Journal of Film Preservation, la revue de la FIAF. Il est assorti, dans cette publication, d’un résumé en anglais. Nous invitons nos lecteurs francophones à se reporter au Journal of Film Preservation pour accéder au texte intégral en français .

Napoléon (1927) d’Abel Gance est une des œuvres emblématiques du patrimoine cinématographique mondial. Mais en dépit des nombreuses études et des multiples restaurations dont le film a été l’objet, son histoire recèle encore bien des zones d’ombre et des mystères. La Cinémathèque française entretient avec ce film un rapport particulier. Dès les années 50, Gance avait confié à Henri Langlois les éléments filmiques en sa possession. Langlois et Marie Epstein furent les premiers à tenter une reconstruction du film en 1953. Depuis 1989, la Cinémathèque française possède en outre les droits du film pour la France et certains territoires francophones. Ses collections comprennent plus de 250 boîtes relatives à Napoléon. Et cependant, ces éléments n’avaient jamais fait l’objet d’une analyse documentée systématique.

C’est pourquoi en 2007, la Cinémathèque française décida de confier à Georges Mourier, spécialiste de l’œuvre de Gance, une mission d’expertise sur l’ensemble des boîtes relatives à Napoléon, l’objectif principal étant de comprendre l’histoire de cette collection, et à travers elle, celle du film et de ses différentes restaurations. Cette expertise, qui s’est déroulée de 2008 à 2010, a atteint et dépassé ses objectifs initiaux, puisqu’elle a conduit la Cinémathèque à entreprendre une nouvelle restauration du film.


L’histoire de Napoléon, de sa réalisation, de son exploitation, de sa sauvegarde et de ses restaurations est une des plus complexes de l’histoire du cinéma. A ce jour, nous avons recensé pas moins de 22 versions différentes, et la liste n’est pas close.

Dès sa sortie, en 1927, le film fut présenté dans plusieurs versions, a priori très différentes les unes des autres, au moins sous l’angle de la durée :
-    version présentée à l’Opéra de Paris le 7 avril 1927 (dite « version Opéra ») : copie de 5200 mètres (3h47) avec les triptyques.
-    Version présentée au cinéma Apollo en mai 1927 (dite « version Apollo ») : copie de 13261 mètres (9h40) sans les triptyques.
-    Version établie par la Metro-Goldwyn-Mayer pour la distribution internationale en janvier 1928 : copie de 2438 mètres (1h46)
-    Certains distributeurs en Europe établirent leurs propres remontages du film, comme cela était courant à l’époque.
-    Il fut aussi établi des versions pour le Pathé Rural (au format 17.5 mm) et pour le Pathé Baby (au format 9.5 mm)

Après le passage au parlant, Gance décide de reprendre son film de 1927 pour en établir une version sonore. Il réutilise les négatifs originaux (qui furent perdus à l’issue de cette production), tourne de nouvelles scènes et postsynchronise les parties muettes. Le film, qui fait l’objet d’un nouveau montage, sort en mai 1935 sous le titre Napoléon Bonaparte. Cette version est de 3850 mètres (2h20). A l’occasion d’une ressortie en février 1955, Gance remanie de nouveau son film pour y ajouter le triptyque final.

Enfin, de 1968 à 1971, Gance entreprend une ultime version sonore sur la base du matériel subsistant, avec tournage de plans additionnels, nouvelle synchronisation et nouveau montage. Ce troisième film, intitulé Bonaparte et la Révolution, est d’une longueur de 7544 mètres (4h35 à 24 images/seconde).

Le film de 1927 a fait l’objet de cinq restaurations en 1950 et 2000 :
-    1953-1959 : par Marie Epstein et Henri Langlois, en 19 bobines
-    1969-1982 : par Kevin Brownlow (6630 mètres, 4h50)
-    1983 : par Kevin Brownlow (7155 mètres, 5h13)
-    1991-1992 : par Bambi Ballard (7500 mètres, 5h28)
-    2000 : par Kevin Brownlow (7542 mètres, 5h30)


"c'est grâce à langlois si napoléon existe encore"

Chaque version ou restauration du film a généré la création de nouveaux éléments (contretypes, éléments intermédiaires, copies positives). Ces éléments n’ayant pas toujours été correctement documentés à l’époque de leur création, il s’est créé une opacité progressive autour du fonds. Le travail d’expertise visait précisément à lui restituer le maximum de clarté. Pour cela, outre le travail d’analyse sur les éléments filmiques, l’expertise a bénéficié de deux apports importants :

-    l’existence d’archives papier, indisponibles à la consultation avant le milieu des années 2000, à la Cinémathèque française et à la Bibliothèque nationale de France. Ces deux fonds, constitués progressivement au cours du temps, sont issus des archives personnelles et professionnelles d’Abel Gance, et contiennent énormément d’informations relatives à Napoléon, à sa production initiale, à son exploitation, à ses différentes versions et à certaines de ses restaurations (celles de Langlois/Marie Epstein et de Bambi Ballard en particulier). Les archives administratives de la Cinémathèque française  contiennent également d’importantes indications pour l’histoire du film et de ses restaurations.
-    Les technologies numériques offrent désormais des capacités d’analyse accrues des éléments filmiques, en autorisant notamment la comparaison simultanée de plusieurs éléments sur un même écran sous forme de captures vidéo.

L’expertise a également bénéficié du concours déterminant des Archives françaises du film du CNC, et de la Cinémathèque de Toulouse. Alors que le périmètre initial de l’étude se limitait aux éléments détenus par la Cinémathèque, il est vite apparu nécessaire d’étendre l’étude au fonds conservé aux Archives française du film, dans un souci de cohérence globale. A cette occasion, outre les 200 boîtes répertoriées aux Archives, nous avons mis à jour un fonds supplémentaire de 382 boîtes, déposé dans les années 70 par Gance, pour partie aux Archives françaises du film (179 boîtes), pour partie à la Cinémathèque de Toulouse (202 boîtes). Il s’agissait d’éléments établis à l’occasion du travail sur le film de 1971 et jamais consultés depuis cette époque. Enfin, les négatifs de Bonaparte et la Révolution (84 boîtes) furent retrouvés en juillet 2009 et purent être aussi incorporés à l’étude.

Au total donc, durant la première phase de l’expertise, ce sont 930 boîtes qui furent analysées une à une, soit près de 100 000 mètres de pellicule ! Chaque boîte a pu faire l’objet d’une notice détaillée et d’une captation vidéo numérique. Les informations issues de l’expertise ont été comparées, boîte par boîte, à celles contenues dans les différents fichiers de la Cinémathèque française. 80% des notices des fichiers ont été corrigées, modifiées ou complétées en fonction des résultats de cette analyse.

Sur cette base, la deuxième phase de l’expertise a consisté en une analyse « génétique » des éléments afin de déterminer leur origine et de reconstituer l’arborescence des éléments entre eux. Ici aussi, l’utilisation des archives papier fut décisive. Partant de la restauration de Bambi Balard de 1992, c'est-à-dire des éléments les plus récents, dont nous avons pu reconstituer la chaîne de travail, nous avons ensuite remonté aux étapes précédentes, la restauration de 1983, la version Gance de 1971, enfin celle de 1935.

En nous fondant sur un précieux document d’archive, établi par Marie Epstein et Abel Gance lors de la préparation de Bonaparte et la Révolution en 1969, nous avons pu par ailleurs rétablir le découpage détaillé de la version Apollo de 1927, en 36 bobines. Sur cette base, nous avons constitué, au fur et à mesure de l’avancée de notre travail, un tableau indiquant, pour chaque scène, les éléments dans lesquels existaient des images de cette version. Ce travail était indispensable car il ne subsiste aucune copie d’époque de la version Apollo.

La dernière phase de l’expertise a consisté à effectuer un visionnage comparatif et simultané de toutes les captations vidéo effectuées lors de la première phase.


A l’issue de cette ultime phase, il a été possible de mettre en évidence :
-    quels remontages avaient été effectués, par qui, à quel moment et à partir de quels supports ;
-    qu’il existait deux négatifs originaux au traitement artistique différents, et à quelle coupe ils avaient été mélangés ;
-    que les restaurations précédentes, à défaut de pouvoir disposer des informations contenues dans les archives papier et des apports méthodologiques du numérique, avaient mélangé les deux versions de 1927 (comme Gance lui-même à partir de 1935), fondant leurs choix soit sur des considérations esthétiques, soit sur des impératifs de raccord de plans ;
-    que les différences existant entre la version Apollo et la version Opéra ne se limitaient pas à des considérations de durée, mais correspondaient à des prises de vue différentes et à des choix artistiques spécifiques de Gance ;
-    que, à travers l’analyse détaillée de plusieurs séquences (la leçon de géographie de Brienne, la présentation de la Marseillaise aux Cordeliers, les Ombres de la Convention), la légende selon laquelle (d’après les lettres de spectateurs et les articles de critiques de 1927), la version Apollo était supérieure, sur le plan esthétique, à la version Opéra, se trouvait vérifiée. Notamment, la notion chère à Gance de « musique de lumière », c’est-à-dire de montage de séquences selon une logique purement musicale, se trouve bel et bien avoir été mise en œuvre par lui dans le montage de la version Apollo mais a été effacée par les remontages successifs. La disparition de cette notion a probablement faussé gravement la perception que les spectateurs ont pu avoir de Napoléon à partir des années 30.

Ainsi, au terme de 3 années de travail intense, ce qui ne devait être au départ qu’un inventaire détaillé et scientifiquement éclairé, a mis en évidence la possibilité, et donc la nécessité, d’entreprendre une reconstruction des deux versions originelles du Napoléon de 1927, lesquelles devront conduire à produire une nouvelle restauration de la version Apollo. C’est à ce travail que la Cinémathèque française se consacre depuis 2011.

l'article complet
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Very Happy  On est sûr désormais de sa renaissance prochaine, avant son centenaire !  Very Happy
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Re: 1927 - Napoléon - Abel Gance

Message  Admins le Ven 7 Oct 2016 - 22:08

Osannah Alleluiah !

le Blu Ray arrive enfin, ... grâce aux anglais, ils ont vraiment une haine-fascination pour ce personnage qu'ils ont détruit, bref le plus grnad film du cinéma français, sur le plus grand Empereur de notre Histoire est introuvable en France, est restauré par les anglais, ...  allez comprendre ????




30 livres (33€) c'est en plus raisonnable pour un film de 5 h qui est actuellement introuvable

la boutique BFI


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