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1944 - le port de l'angoisse

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1944 - le port de l'angoisse

Message  Admins le Dim 8 Sep 2013 - 22:00


LE PORT DE L'ANGOISSE



Howard HAWKS - 1944 - 1h40

Distribution:
Humphrey Bogart: Captain Harry Morgan
Lauren Bacall: Marie




Bienvenue à la Martinique, à Fort de France, pendant la 2e guerre mondiale, l'ile est administrée  par Vichy et sa police puante. Harry Morgan est un américain dont on ignore tout du passé qui vit  ici, p-e en exil, en louant son bateau à de riches touristes. Il est épaulé de Eddy, un matelot  ivrogne qu'il protège et aime comme son petit frère. Il semble s'amuser des déboires de la guerre et  observe une neutralité difficile mais pragmatique qui semble lui convenir, après tout il est comme  un Roi dans cette ile où il semble chez lui.


L'ambiance est Pétainiste, de nombreuses affiches en français à la gloire du Maréchal décorent les lieux et la police politique rappelle même aux américains qu'ils n'ont pas le droit de critiquer le régime. Un bar jazzy sert de lieu pour toutes les transactions, et toutes les rencontres, la chambre de Harry servant même de genre de QG des opérations sensibles. Le capitaine Morgan y rencontrera Marie, et en réalité Bogart y rencontrera Lauren, qui bien qu'ayant la moitié de son age deviendra sa femme dans la vraie vie. Quelle allure que ces 2 la, lui en marin roublard et elle en femme fatale, au regard dévastateur. C'est peu dire qu'ils crèvent l'écran, lui avec ses rictus inimitables et cette voix d'outre tombe, et elle avec son déhanché démoniaque et ses œillades mortelles. Comme toujours avec Bogart difficile de lire ses sentiments et ses intentions, tant son visage semble figé, seule une esquisse de sourire, vraiment forcé, vient parfois fendre la glace du personnage.


Ce petit monde vit tranquillement comme si la guerre n'existait pas, bien décidé à ne pas s'en mêler. Mais Harry a un bateau et ce qui devait arriver, arriva, la résistance souhaite recourir à ses services. Le film tournera autour de ce choix entre la neutralité salutaire mais honteuse, genre de collaboration et le soutien à la résistance, dangereuse mais si gratifiante moralement.

3/5 Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  


le fond:
On peut penser que Morgan symbolise les USA, en guerre dans le pacifique mais terriblement absent en Europe au grand désespoir de l'Angleterre et des autres alliés, et cette confrontation avec la police vichyssoise incarnée par un personnage repoussant, gras, pervers et affublé d'un béret, finit par briser cette neutralité, la colère de Bogart incarnant le refus des USA de la collaboration et du fascisme. Je sais j'extrapole, mais bon un film tourné en 1944 ne peut pas être juste un simple divertissement, l'auteur y exprime forcément une opinion politique. Les policiers sont caricaturaux et les résistants idéalisés, un manichéisme récurrent longtemps à Hollywood, après tout la propagande était surement nécessaire et quoi de mieux que le cinéma pour manipuler l'opinion et l'influencer dans un sens ?

coup de foudre aux Antilles  ;-)
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