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Akira Kurosawa

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Akira Kurosawa

Message  nunu21 le Sam 19 Nov 2016 - 11:16









Le voila enfin ce portrait du maître.

Première partie : jeunesse et débuts


Akira Kurosawa est né en 1910 à Tokyo d'un père descendant d'une lignée de samouraï et d'une mère qui vient d'une famille de marchand originaire d'Osaka. Il est le dernier d'une famille de 7 enfants; dont 2 sont déjà grand à sa naissance. Il perdra une sœur en bas-âge.

Il découvre le cinéma à l'age de 6 ans et sa jeunesse sera influencé par son frère Heigo de 4 ans son aîné et qui se suicidera en 1933. Heigo le protège à l'école comme Akira le raconte dans son autobiographie (qui ne cours que jusqu'en 1950 d'ailleurs).

Il se passionne pour la peinture et le dessin grâce a Monsieur Tachikawa l'un de ses professeurs. Il fait également du Kendo.

Il arrive un peu par hasard au cinéma, puisqu'il est à la base illustrateur de livre pour enfant mais le studio PCL (futur Toho) cherches des assistants réalisateurs. Kurosawa est engagé grâce à Kajirao Yamamoto. La carrière cinématographique d'Akira commence. Il est assistant-réalisateur sur plus d'une vingtaine de film de 1936 à 1941. Uma de Yamamoto est son dernier film en tant qu'assistant, il en a écrit le scénario avec le réalisateur et assure le montage. Il écrit aussi plusieurs scénari mais n'arrive pas à obtenir le droit de les réaliser.

Il lit le livre de Sugata Sanshiro sur la naissance du judo, un livre dans la veine des grands romans sur Miyamoto Musashi. Il persuade la Toho d'acheter les droits et de lui donner le poste de réalisateur. Débute alors sa carrière avec ce film:

la Légende du grand judo

un film caractéristique de l'époque qui exalte le patriotisme en pleine guerre. Mais le film est jugé comme trop "anglo-saxon" par la censure. Il sera sauvé par une autre légende du cinéma Japonais Yasujirō Ozu. Le film sort en 1943 amputé de 18 minutes, perdues à jamais, ce qui amène sa durée a 80 minutes.

Mais Kurosawa est lancé, il réalise par la suite Le plus beau, film de propagande. Mais dans ce film il donne le rôle principal à un groupe de femmes ce qui en cette époque est assez rare. Ces femmes ne se privent pas pour faire part de leur revendications et envoie l'une d'elles Yoko Yaguchi pour négocier. La négociation se passe bien puisque les deux se marient en 1945. Ils resteront ensemble jusqu'en 1985, date de la mort de Yoko. Elle lui donnera un garçon et une fille.

Il réalise ensuite la suite de la Légende du Grand Judo, seul véritable raté de sa carrière, cette suite qui est un film de propagande n'apporte rien au réalisateur.

La guerre se termine et le Japon est occupé par les Etats Unis. Mais à la fin de la guerre au vu des conditions financières difficiles, Akira cherche a  réaliser un film à moindre cout:
Les hommes qui marchèrent sur la queue du tigre.
le film est interdit par les autorités d'occupation Américaine et ne sort qu'en 1952, en plus il ne dure qu'une heure.

Il co réalise ensuite Ceux qui batissent l'avenir. Puis il passe à un projet plus personnel, un autre film qui divise, Je ne regrette rien de ma jeunesse. Ce film s'inspire de l'Incident de Takigawa. Un professeur est renvoyé pour avoir proféré des théories influencés par le marxisme. Il est renvoyé et ses collègues démissionnent pour le soutenir. Ce film divise aussi car le rôle principal est tenue par une femme. Kurosawa s'engage contre le régime de l'époque avec ce film. il réalisent ensuite un merveilleux dimanche, film sur un couple désargenté dans le Tokyo de l'après Guerre. La même année sort un film dont il est uniquement scénariste : la Montagne d'argent qui est aussi le premier rôle d'un jeune acteur:

Toshiro Mifune.

La suite on la connait, les deux hommes feront 16 films ensemble.






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Re: Akira Kurosawa

Message  nunu21 le Dim 4 Déc 2016 - 8:21










Deuxième partie : les années Mifune


La collaboration entre les deux hommes commence donc en 1948 avec l’Ange ivre. Le premier des 16 films (soit la moitié de la filmographie du réalisateur) qu’ils feront ensemble. Disons le tout de suite ses années sont les meilleures de sa carrière. C’est là qu’il nous livre ses meilleurs films (hormis deux exceptions) : Les 7 samouraïs et Rashomon en premier lieu.

L’Ange ivre sort en 1948 et malgré un scénario remanié à cause de la censure, le film obtient le prix du meilleur film par le magazine Kinema Junpo. Mifune devient une star. A la base il ne devait pas jouer le rôle principal mais devant sa performance, Kurosawa le laisse entièrement libre. Il joue le rôle d’un jeune yakusa (Mifune à 28 ans à l’époque) qui refuse de se faire soigner pour la tuberculose.

Avec Kajiro Yamamoto, Mikio Naruse, Senkichi Taniguchi, Kurosawa fonde l'Association artistique cinématographique. Il réalise juste après le Duel Silencieux, Mifune y joue le rôle d’un médecin atteint de la Syphilis. Il veut faire sortir l’acteur des rôles de gangster auquel il est habitué. Si le film marche bien au box office, il est considéré comme l’un des moins bons du réalisateur.

Pour son film suivant, Kurosawa, écrit le scénario dans le style d’un de ses maîtres : Georges Simenon. Kurosawa est aussi influencé par le film la Cité sans voiles de Jules Dassin. C’est sa première incursion dans le polar. Mifune est toujours de la partie dans le rôle d’un jeune policier dont le colt a été volé et sert à commettre des délits. On peut considérer ce film comme l’un des ancêtres des polars modernes et du buddy movie. Chien enragé est devenu depuis l’un des classiques du cinéaste. Dans ce film apparait en figurant, Ishiro Honda, futur réalisateur de Godzilla.

La décennie suivante commence avec Scandale, film sur la presse à scandale à laquelle le réalisateur à eu à faire. Mais comme la majorité des critiques, il n’aime pas son film et le trouve peu satisfaisant. Le tournant arrive dans cette même année. 1950 est une année charnière dans la carrière à la fois de Kurosawa et de Mifune. Pour son prochain film, il est contacté par le studio Daiei après avoir fait pour eux, le duel silencieux. Il choisit d’adapter une nouvelle : Dans les fourrées. Le budget est faible et le studio est très content. 40 jours de tournage et 1 semaine de postproduction pour un film qui a durablement marqué le cinéma : Rashomon. Les critiques sont partagées et Kurosawa passe rapidement à autre chose.

Son film suivant est une adaptation du roman de Dostoïevski l’Idiot, à la base il dure 265 minutes mais est amputé de 100 minutes car jugé trop long. Les critiques sont mauvaises et le succès en salle est modéré. Pendant ce temps, Rashomon est sélectionné, à l’insu de Kurosawa, pour la Mostra de Venise. A la surprise générale il y obtient la plus haute distinction : le Lion d’Or. C’est une surprise car le cinéma Japonais est alors totalement inconnu en Occident. Le film est ensuite exploité partout dans le monde et d’autres réalisateurs japonais comme Mizoguchi et Ozu en profitent pour se faire connaitre en Occident alors qu’ils sont des stars chez eux.

Surfant sur le succès de Rashomon il s’attèle à son projet suivant, Vivre, qui est le seul film du réalisateur de 1948 à 1965 sans Toshiro Mifune. Le film raconte un fonctionnaire atteint d’un cancer qui veut donner un sens à sa vie. C’est un énorme succès au box office et le premier film coécrit avec Hideo Oguni.











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Re: Akira Kurosawa

Message  nunu21 le Dim 4 Déc 2016 - 8:22






On arrive en 1954, le réalisateur s’isole 45 jours avec ses co scénaristes. 3 mois de préproduction, un mois de répétitions, 148 jours de tournage répartis sur presque un an. Difficulté de production, d’argent et Kurosawa tombe malade, résultat 6 mois de retard. Mais cela en valait la chandelle avec la réalisation des 7 Samourais. Le film est le premier chanbara (film de sabre dont il deviendra l’un des maitres) du réalisateur. Le succès du film est immédiat et malgré un cout trois fois supérieur à ce qui est prévu, il est rentabilisé immédiatement. Mais les versions sorties en Occident sont des versions tronquées, la version originale dure 207 minutes soit 3h27. On trouve des versions de 130 minutes soit une heure et quart de film en moins.

Aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre mais pendant de nombreuses années, seules ces versions amputées sont connus en Occident. Le film obtient un Lion d’Argent à la Mostra de Venise en 1954 et donne lieu à plusieurs adaptations dont la plus célèbre est les 7 mercenaires de John Sturges. Le film est aujourd’hui encore considéré par certains critiques comme le meilleur film japonais de l’histoire.



Pour son projet suivant, on retrouve le Kurosawa politique avec Vivre dans la peur (Chronique d’un être vivant). Les retombés des tests nucléaires de 1954 fait par les américains dans le Pacifique ont des retombées désastreuses dans la société japonaise. Et moins de 10 ans après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki personne n’a encore osé aborder le sujet. Kurosawa en profite pour sortir un film considéré comme le meilleur sur les effets de la peur du nucléaire. Mifune (méconnaissable car grimé en « vieux ») joue un riche industriel qui a peur d’une attaque nucléaire et qui décide d’emmener sa famille vivre au Brésil. Le film est un semi-échec car il ne rentre pas dans ses frais durant son exploitation en salle.

Pour ses deux films suivants, le réalisateur décide d’adapter deux œuvres occidentales. La première c’est Macbeth de Shakespeare dont il transpose l’action dans le japon féodal pour en faire le Château de l'Araignéel. Les techniques de jeu des acteurs s’apparentent au Théâtre No. Le succès en salle est mitigé. Le film suivant est une adaptation très fidèle des Bas-fonds, la pièce de théâtre de Maxim Gorki. Transposé une fois de plus au Japon le film obtient aussi un accueil partagé. Mais il est aussi considéré avec le temps comme l’un des films les plus sous-estimé du maître.

Ses trois derniers films ayant marché moyennement, Kurosawa se remet en question et décide de réaliser un film plus léger, ça sera la Forteresse cachée. Le film est un gros succès au box-office et obtient de très bonnes critiques.

Aujourd’hui il est considéré comme le film le plus léger du réalisateur mais exercera une influence considérable sur Star Wars. Le film obtient l’Ours d’Argent à Berlin en 1959.
En 1959, La fortune de Kurosawa a fortement augmenté et Kurosawa, avec l’aide la Toho la compagnie pour laquelle il travaille, crée la Kurosawa Production Company. Il pourra ainsi financer une partie de ses films, être plus libre dans ses choix et ainsi limiter les risques financiers pour la compagnie-mère. Le premier film qui sort sous la KPC est les salauds dorment en paix, très critique sur la société et l’économie japonaise dans une période ou un traité de coopération entre le Japon et les Etats Unis fait descendre dans la rue pas mal de jeunes. Le film, bien accueilli par la critique est en revanche le succès commercial est modeste. Sa scène d’ouverture de 25 minutes est considérée comme un modèle du genre, mais elle écrase trop le reste du film.

Pour le film suivant, retour au japon médiéval avec Yojimbo (le garde du corps). Il rapporte plus d’argent au box-office que tous les films précédents du réalisateur. Tellement populaire qu’un remake plan par plan non autorisé est réalisé par Sergio Leone (là ou John Sturges avait crédité Kurosawa pour les 7 mercenaires) : Pour une poignée de Dollars. Pensant que le film n’obtiendrait pas de succès les producteurs du western ne négocie pas les droits d’adaptation. Kurosawa les trainent en justice et l’emporte, il gagne els droits d’exploitation du film au Japon. Devant le succès du film, la Toho réclame une suite ; Kurosawa remanie un scénario déjà écrit pour y inclure son héros et sort Sanjuro, au succès encore plus important que le précédent.

Pour son film suivant, il négocie avec la Toho l’achat des droits d’un livre de la série du 87° district du romancier américain Ed McBain. Il retrouve donc l’univers du polar avec "Entre le Ciel et l’enfer", qui traite du kidnapping. Kurosawa reçoit des menaces d’enlèvement à propos de sa fille. Le film est encore un succès.

Arrive ensuite, le film du tournant de sa carrière, Barberousse. Presque un an de tournage et 5 mois de post production pour ce film qui se passe dans un hôpital et qui marque la rupture entre Kurosawa et Mifune. Après cette date, les deux hommes ne tourneront plus ensemble. Plusieurs raisons sont évoquées pour leur brouille dont une divergence sur le personnage de Barberousse. C’est le dernier film du réalisateur en noir et blanc. Il se rend compte que ce film marque pour lui la fin d’une ère, il arrive en fin de contrat avec la Toho. . Il a réalisé jusque là 23 films, il n‘en réalisera que 7 lors des 33 dernières années de sa vie.





A suivre.....






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Re: Akira Kurosawa

Message  nunu21 le Ven 23 Déc 2016 - 16:27










Troisième partie : tentative Hollywoodienne avortée et années noires (1965-1979)


Après Barberousse et la brouille avec Mifune, Kurosawa est donc en fin de contrat à la Toho. Le réalisateur à déjà 56 ans et une immense carrière derrière lui et les problèmes financiers de l’industrie cinématographique japonais le pousse a tentes sa chance à l’étranger. Sa première tentative est un thriller mais la barrière de la langue, et la traduction du scénario n’est pas terminée à temps. Le tournage demandant de la neige, il est reporté en 1967 puis définitivement annulé en 1968. Mais ce film sera finalement réalisé presque 20 ans plus tard, avec un scénario totalement différent bien que Kurosawa soit crédité au scénario. Ce film réalisé par Andrei Kontchalovski s’appelle comme prévu Runaway train et deviendra rapidement un film culte.

Pour sa deuxième tentative, il participe à un grand projet avec la Fox, la coréalisation d’un film sur l’attaque de Perl Harbour a travers les points de vue Japonais et Américain : Tora, Tora Tora. Kurosawa en tire un script de 4 heures quand il apprend que sa partie ne devra pas dépasser 90 minutes. En plus, les producteurs avaient faire croire au réalisateur que son homologue anglophone serait l’Anglais David Lean pour une rencontre au sommet entre Kurosawa et le réalisateur du Docteur Jivago, du Pont de la Rivière Kwai et de Lawrence d’Arabie. Mais en fait c’est Richard Fleischer, beaucoup moins connu qui fut engagé. Un scénario tronqué est finalement retenu, mais les méthodes de travail de Kurosawa sont à milles lieues de celles des américains et les producteurs le prennent pour un fou. Il reste trois semaines sur le tournage et part officiellement  pour fatigue, en réalité il est viré. Il est remplacé par Toshio Masuda, réalisateur modeste et par Kinji Fukasaku, le roi du film de yakuza.



Après ces deux expériences Hollywoodiennes ratées, il rentre dans un période difficile. Une affaire de corruption secoue sa société de production, on le soupçonne de vouloir arrêter sa carrière. Il avait de plus travaillé depuis plusieurs années sur Tora, Tora, Tora. Aidé par trois de ses amis : Masaki Kobayashi (réalisateur de Kwaidan, de la trilogie de la Condition de l’homme et de Harakiri), De Kon Ichikawa (la Harpe de Birmanie, les Feux dans la Plaine) et Keisuke Kinoshita (première adaptation de la ballade de Narayama), il fonde une société de production : le club des 4 chevaliers. Officiellement c’est pour réaliser un film chacun, mais en fait la vraie motivation des trois autres réalisateurs est d’aider Kurosawa à revenir sur le devant de la scène. Après un projet avorté, il réalise Dosdes’Kaden, son premier film en couleur qui porte sur les pauvres et les démunis. En 9 semaines le film est tournée mais c’est un échec, il sort d’ans l’indifférence la plus totale. Le club des 4 chevaliers se dissout.

Suite à ses échecs répétées, il tente de mettre fin à ses jours et se tranche la gorge et les poignets. Mais il guérit assez rapidement, ça tombe bien il a encore des choses à dire. Il veut privilégier sa vie privée et ne sait pas s’il fera un jour un autre film. Mais le salut arrive d’URSS, un studio soviétique souhaite travailler avec Kurosawa. Il leur propose d’adapter la biographie de Vladimir Arseniev, explorateur russe. Le livre d’appelle Dersou Ouzala, qui sera aussi le titre du film. Il part en Sibérie pendant plus d’un an et demi alors qu’il a déjà presque 65 ans. Le tournage s’achève dans des conditions difficiles en 1965 et le film passe inaperçu au Japon. Mais à l’étranger c’est un triomphe avec  l’Oscar du meilleur film étranger.

Malgré ce succès, Kurosawa tourne dans des pubs mais n’arrive pas trouver de financement. En 1978, son déclin se termine grâce à l’un de ses fans : Georges Lucas.












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Re: Akira Kurosawa

Message  nunu21 le Lun 26 Déc 2016 - 9:06






Quatrième partie : Retour en grâce et fin de vie


En 1977, Lucas vient de sortir Star Wars, influencé par la Forteresse caché et il apprend avec étonnement que Kurosawa ne trouve plus de financement pour ses films. Les deux hommes se rencontrent à Los Angeles et Lucas arrive à convaincre la Fox, réticente après l’échec des premières tentatives Hollywoodiennes de Kurosawa. Il engage comme coproducteur un autre fan de Kurosawa, Francis Ford Coppola. Kagemusha est né. Shintaro Katsu est engagé pour jouer le rôle principal mais est finalement remplacé par Tatsuya Nakadai avec qui il avait tourné dans Yojimbo et tenait un petit rôle non crédité dans les 7 Samouraïs. Nakadai est devenu une star depuis ses deux rôles avec ses films  pour Kobayashi, Naruse ou Ichikawa.  Le film est un succès et permet au réalisateur d’obtenir la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1980 et le César du Meilleur Film étranger en 1981. Ce succès lui permet de travailler sans pression sur son projet suivant, une adaptation du Roi Lear de Shakespeare. Le film est coproduit par un français : Serge Silberman. Le tournage commence en 1983 et dure plus d’un an. Il est notamment interrompu par la mort de Yoko, sa femme depuis presque 40 ans et mère de ses deux enfants. Elle avait 64 ans. Ran voit à nouveau Tatsuya Nakadai tenir le rôle principal. Chris Marker en tirera un documentaire nommé A.K. le film n’est pas sélectionné pour concourir aux Oscars  dans la Catégorie Meilleur Film Etranger (Japon ou France personne n’a pas tranché la question). Sydney Pollack milite pour que Kurosawa soit nommé dans la Catégorie du Meilleur réalisateur.
Après le succès de Ran (à l’étranger uniquement car au Japon c’est très modeste), Kurosawa attaque la dernière partie de sa vie. Il réalise son film le plus personnel, Rêves.  La même année, en 1990, il obtient un Oscar d’Honneur pour l’ensemble de son œuvre. Le film  est composé de petits courts métrages mettant en scène des rêves du réalisateur. Les Japonais étant encore réticent à produire un film du réalisateur, c’est un autre de ces admirateurs qui s’y collent, après Lucas et Coppola, il reçoit l’aide de Steven Spielberg. Le film n’obtient pas un gros succès. Pour son projet, le réalisateur revient à un sujet politique : les conséquences du bombardement de Nagasaki. C’est le premier film du réalisateur entièrement produit au Japon depuis Dodes’kaden. C’est aussi le premier film de Kurosawa ou apparait une star américaine : Richard Gere y joue un petit rôle. Le film est très mal accueilli par la critique. Le film suivant Madalayo sort en 1993, ça sera le dernier du réalisateur. Il suit la vie d’un japonais professeur d’Allemand durant la Seconde Guerre Mondiale. Le film reçoit des critiques pires que les deux précédents films. Mais Kurosawa continue de travailler et écrit deux autres films : la mer regarde et Après la Pluie. Alors qu’il termine le scénario de ce dernier, il tombe et se brise la colonne vertébrale. Il devient paralysé. Agé de 85 ans, sa santé se dégrade rapidement. En 1997, c’est son ancien complice Toshiro Mifune qui décède. Le 6 septembre 1998, Kurosawa est emporté par une attaque cérébrale à l’âge de 88 ans. Ces deux derniers projets verront le jour grâce à d’autres réalisateurs.

Plus de 40 ans de carrière, une trentaine de films, et une empreinte indélébile dans l’histoire du cinéma, influence déclaré de George Lucas pour Star Wars, de Coppola pour le Parrain (la scène de mariage qui ouvre les Salauds dorment en paix a inspiré celle du Parrain).





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Re: Akira Kurosawa

Message  nunu21 le Lun 26 Déc 2016 - 12:14

FILMOGRAPHIE







• 1943 : La Légende du grand judo (姿三四郎, Sugata sanshiro?)
• 1944 : Le Plus beau (一番美しく, Ichiban utsukushiku?)
• 1945 : La Nouvelle Légende du grand judo (續姿三四郎, Zoku sugata sanshiro?)
• 1945 : Les Hommes qui marchèrent sur la queue du tigre (虎の尾を踏む男達, Tora no o wo fumu otokotachi?)
• 1946 : Je ne regrette rien de ma jeunesse (わが青春に悔なし, Waga seishun ni kui nashi?)
• 1947 : Un merveilleux dimanche (素晴らしき日曜日, Subarashiki nichiyobi?)
• 1948 : L'Ange ivre (酔いどれ天使, Yoidore Tenshi?)
• 1949 : Le Duel silencieux (静かなる決闘, Shizukanaru ketto?)
• 1949 : Chien enragé (野良犬, Nora-inu?)
• 1950 : Scandale (醜聞, Shubun?)
• 1950 : Rashōmon (羅生門, Rashōmon?)
• 1951 : L'Idiot (白痴, Hakuchi?)
• 1952 : Vivre (生きる, Ikiru?)
• 1954 : Les Sept Samouraïs (七人の侍, Shichinin no samurai?)
• 1955 : Vivre dans la peur (Chronique d'un être vivant) (生きものの記録, Ikimono no kiroku?)
• 1957 : Le Château de l'araignée (蜘蛛巣城, Kumonosu jo?)
• 1957 : Les Bas-Fonds (どん底, Donzoko?)
• 1958 : La Forteresse cachée (隠し砦の三悪人, Kakushi toride no san-akunin?)
• 1960 : Les salauds dorment en paix (悪い奴ほどよく眠る, Warui yatsu hodo yoku nemuru?)
• 1961 : Le Garde du corps (用心棒, Yojimbo?)
• 1962 : Sanjuro (椿三十郎, Tsubaki Sanjūrō?)
• 1963 : Entre le ciel et l'enfer (天国と地獄, Tengoku to jigoku?)
• 1965 : Barberousse (赤ひげ, Akahige?)
• 1970 : Dodes'kaden (どですかでん, Dodesukaden?)
• 1975 : Dersou Ouzala aussi appelé L'Aigle de la Taïga (デルス・ウザーラ, Derusu Uzara?)
• 1980 : Kagemusha, l'Ombre du guerrier (影武者, Kagemusha?)
• 1985 : Ran (乱, Ran?)
• 1990 : Rêves (夢, Yume?)
• 1991 : Rhapsodie en août (八月の狂詩曲, Hachi-gatsu no kyōshikyoku?)
• 1993 : Mâdadayo (まあだだよ, Mâdadayo?)





Sources :
- Wikipedia
- Akira Kurosawa, comme une autobiographie
- Akira Kurosawa "etudes cinématographiques" de Michel Estève
- Divers Bonus des DVD de sa filmographie.




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Re: Akira Kurosawa

Message  maxi le Mer 24 Mai 2017 - 9:14

Merci beaucoup nunu pour cette passion communicatrice, je connais assez mal Kurosawa, ma génération n'a pas été bercée de culture asiatique, et c'est sur le tard que j'ai découvert "les 7 samouraïs" qui est vraiment exceptionnel, j'ai moins apprécié "le château de l'araignée" ou "la forteresse cachée" car très typés médiéval nippon, cette culture m'est étrangère et ne me fascine pas, on ne se refait pas et on n'échappe pas à sa propre culture.

Par contre je suis un  fan absolu de "Dersou Ouzala", qui  est probablement le premier et meilleur film écologique, une grande puissance s'en dégage, c'est un chef d'oeuvre.

Encore bravo et merci pour l'hommage Wink

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