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1955 - A l'est d'Eden

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1955 - A l'est d'Eden

Message  maximumuse le Dim 8 Sep 2013 - 20:42


A L'EST D'EDEN



ELIA KAZAN - 1955 - 1h55 - USA


Distribution:
Julie Harris : Abra
James Dean : Cal Trask
Raymond Massey : Adam Trask
Burl Ives : Sam le Shérif
Richard Davalos : Aron Trask
Jo Van Fleet : Kate
 

Résumé:
USA 1917, un père élève seul ses 2 fils, l'éducation est guidée par la bible et malheureusement les 2 fils n'adhèrent pas totalement à ce moule, Caleb se sent constamment rejeté et ne sait que provoquer pour exprimer sa souffrance, le film est le cheminement affectif de Caleb qui cherche à se faire aimer du père, à tout prix, et à comprendre son passé lorsqu'il croit avoir retrouver sa mère.













À l’est d’Éden (East of Eden) est un film américain d'Elia Kazan, sorti en 1955, d’après le roman du même nom de John Steinbeck, publié en 1952, et dont le titre est inspiré du verset biblique relatant la fuite de Caïn, fils d'Adam, après le meurtre de son frère Abel.

Genèse (4;16) : « Caïn se retira de devant l'Éternel, et séjourna dans le pays de Nôd, à l'est d'Éden. »

Elia Kazan avait contacté marlon Brando pour ce role, celui ci n'étant pas intéressé, il dénicha James Dean qui se montra époustouflant dans ce rôle d'aolescent malaimé. Il faut dire que son physique et ses postures d'étalon ne sont pas sans rappeler son idole Marlon Brando et qu'est ce qu'il est beau le bougre avec ses allures de chien battu il a du en faire chavirer des coeurs !


Caleb est malheureux, son frère, qu'on aurait pu appeler "St parfait", a toute l'admiration du père qui ne jure que par lui, du coup, privé d'amour maternel et paternel, caleb est intenable, et incompris de tous. Là encore il crève l'écran par un charisme naturel qui même quand il se tait et ne fait rien, il dégage un magnétisme assez mystérieux, comme dans "la fureur de vivre", il incarne le rôle, finalement assez proche, celui d'un adolescent malheureux (pléonasme ?) ne sachant que s'exprimer par des actes violents, la communication verbale n'étant pas son fort.


En fait le film est l'analyse des rapports difficiles d'un père psycho-rigidifié par sa religiosité avec ses fils très différents, l'un étant la lumière et l'autre l'obscurité, l'un incarnant le bien et l'autre le mal, un manichéisme puant héritage cruel d'une lecture littérale de la Bible. Une exigence de pureté, de perfection qui accouchera d'un fiasco total d'abord du couple, puis progressivement des 2 fils et enfin du père. Voila où mène la quête d'idéal, la mère idéale, la femme parfaite , le fils prodige, etc... tout cela n'est qu'un graal et une négation de la nature humaine, cet être si imparfait, bourré de défauts, et différents à l'infini !

Alors un conseil: aimez les gens comme ils sont et pas comme un livre vous dicte qu'ils devraient être.



4,5/5  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven 

Spoiler:
Il y a beaucoup de scènes du film que l'on peut qualifier au minimum de superbe et au maximum de cultes:

D'abord quand Caleb s'énerve après les blocs de glace du père, il est noir de jalousie, jaloux de son frère Aron,  aimé et chouchou du père et fiancé avec la jolie Abra qu'il aime aussi manifestement.

Superbe scène lorsqu'il change d'attitude et redouble d'effort et d'ingéniosité pour aider son père et son idée de wagon frigorifique pour transporter des laitues vers les villes, très belle scène quand il écoute son père, et boit ses paroles, les yeux brillants d'un bonheur nouveau pour lui, celui du respect du père qui reconnait ses efforts.

Magnifique lorsqu'il est couché dans le champ de haricots, puis qu'il danse, évidemment vu de l'extérieur il semble félé, alors qu'en fait il déroule son plan d'amour filial, il y croit

Tragique scène lorsqu'il organisa l'anniversaire du père, et que celui ci le zappa très vite à l'apparition d'Aron pour l'enfoncer totalement lorsqu'il lui remit de l'argent qu'il jugea sale et qu'il refusa, ce fût la goutte d'eau

Etc ...  un très beau film :lovely:

En fait le film oppose 2 Amériques, celle du père, rural,  fervent protestant, aux valeurs intransigeantes, et celle de la mère, athée, femme d'affaire, citadine, émancipée, et plutôt souple sur le plan moral. Une dualité tj présente de nos jours avec cette société très pratiquante et colossalement hypocrite.  Une réflexion sur la moralisation du commerce, des affaires, plus que jamais d'actualité avec ce capitalisme bestial que nous subissons.

Le président prête serment sur la Bible, va probablement au Temple, mais après qu'en reste t il dans la vie des affaires ? c'est toute la réflexion sur la morale religieuse et ses arrangements sociétaux, un idéal, un cap à suivre est un chemin et sûrement pas une pratique humainement réalisable.

Le spectateur, comme la jeune Abra, évolue lentement du point de vue du père, initialement jugé "bon", vers celui de la mère, celui de Caleb, pour se terminer par un rejet quasi total du père, que l'on pourrait aussi qualifier de "mauvais" père, comme quoi, ces notions de Bien et de Mal sont super, super discutables.
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maximumuse

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