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1972 - Solaris - Tarkovski

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1972 - Solaris - Tarkovski

Message  Admins le Dim 8 Sep 2013 - 20:35

SOLARIS



Andreï Tarkovski - URSS - 2h45
sa fiche Wiki

Distribution:
Natalia Bondartchouk : Khari
Donatas Banionis : Kris Kelvin
Jüri Järvet : Dr Snaut
Anatoli Solonitsine : Dr Sartorius
Nikolaï Grinko: père de Kelvin
Résumé:
Dans un futur lointain, l'Homme explorant le cosmos se casse les dents autour d'une planète océan dont on ne parvient pas à comprendre quoi que ce soit, après des décennies d'échecs, il est question de jeter l'éponge. L'immense station prévue pour 85 membres n'est plus habitée que par 3 stakhanovistes de la solaristique. Du coup un psy, Kris Kelvin, est envoyé pour se rendre compte de la situation et décider de la fermeture de la station, et donc de la fin de la solaristique. Mais rien ne va se passer comme prévu.












J'ai découvert Solaris grâce au film de 2002 avec Georges Clooney, j'avais adoré mais pas tout compris, du coup comme toujours en SF j'ai bondi sur le livre qui m'a partiellement éclairé. J'ai donc visionné le Solaris de 1972 et j'ai été fasciné. Attention on est en 1972, et le film est réalisé en URSS, c'est pour cela qu'il a été quasiment boycotté en occident pour cause de guerre froide et que ses moeyns fûrent quand même modestes en comparaison de ce qui se faisait à l'Ouest, Star Wars allait sortir 3 ans après ! J'ai parcouru la fiche wiki en anglais, la fiche française est famélique, et surtout visionné les suppléments du film, fondamentaux pour pénétrer l'univers poétique et psychologique de l'oeuvre. j'ai ainsi découvert que l'auteur du roman, le polonais  stanislas Lemétait très connu et apprécié à l'Est et qu'il avait collaboré au film, notamment pour protester contre les épouvantables censures du ministère de la culture de Moscou.


Tarkovski n'a pas aimé "2001", le film de Kubrick et pour lui répondre il a fait un film dans l'Espace, mais plutôt que de privilégier les effets spéciaux et l'action, il a choisi la réflexion, la spiritualité même. C'était ainsi à cette époque, Est et Ouest se livraient une guerre tout azimut, et le cinéma n'y échappait pas, surtout que l'espace avait échappé aux russes avec Armstrong sur la lune en 1969. Voilà pour le contexte historique. Tarkovski a voulu plutôt faire un film poétique, comme Kubrick, mais basé plutôt sur les mystères que l'Homme explore depuis toujours, le mur de ses capacités se heurtant à l'Espace. Du coup si vous avez trouvé "2001" lent et complexe, alors vous pouvez passer votre chemin, car là c'est un cran au dessus ;-) Ce n'est pas un divertissement, c'est une oeuvre profondément introspective et même méditative, avec un beau travail photographique et pas mal de références à la peinture.

Bref prenez un roman de SF compliqué, donnez le à Tarkovski qui nourrit l'ambition de prendre le contrepied de Kubrick qu'il juge trop matérialiste et ça vous donne Solaris  Very Happy

Le film commence chez les parents de kelvin par de poétiques et superbes images de la nature, un havre de paix très terrestre, il y rencontre Burton, un ancien pilote qui raconte timidement ses expériences, car il est fatigué d'être traité d'halluciné par les pseudo-savants, c'est vrai que c'est tellement plus facile de traiter de fou ceux qu'on ne comprend pas, les experts mondiaux de la "solaristique" n'échappent hélas pas à cette règle. Depuis Galilée, la résistance à la vraie connaissance demeurant un des traits tenaces de beaucoup de "savants" toutes époques confondues. On découvrira qqs bribes du passé de Kelvin, fondamentaux pour la suite de l'histoire et dont je ne dirai rien de plus pour ne pas spoiler.

le fond:
La réflexion est à plusieurs niveaux, c'est d'abord sur la Science elle-même, ses limites, ses objectifs, son éthique et même son sens, après tout pourquoi l'homme va t il chercher si loin des problèmes insolubles ? Après tout il n'a nul besoin de comprendre Solaris, il lui suffit de l'ignorer, mais non, l'homme est fait pour la connaissance, c'est presque une réflexion religieuse, c'est plus fort que lui, il lui faut mordre dans le fruit défendu, n'est ce pas Eve ?  Very Happy

Ensuite sur ce qui peut exister loin de la terre dans le cosmos, qui nous dépasse totalement, nous reléguant au rang d'une fourmi cherchant à communiquer avec un éléphant, un message d'humilité, classique en SF.

Enfin une réflexion sur nos remords, nos mauvaises idées, si difficiles à chasser et dont la nécessaire destruction peut nous libérer, c'est à mon modeste avis le sens de ce qui se passe dans la station, une espèce d'expérience punitive et de deuil den os fantomes, notre partie obscure.






Grand film, mais un peu trop élitiste quand même 

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Dernière édition par Forum le Ven 23 Sep 2016 - 19:30, édité 1 fois
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Re: 1972 - Solaris - Tarkovski

Message  Admins le Jeu 22 Sep 2016 - 8:51

ATTENTION MEGA SPOILER

résumé du livre de Stanislas Lem

SURTOUT NE PAS LIRE avant au moins 1 ou 2 visionnages !


Evil or Very Mad



STOP:

En fait parmi leurs expériences, les chercheurs ont tenté de rentrer en contact avec l'Océan,  qu'ils suspectent d'être intelligent, en y envoyant des rayons X.La réponse fût des plus perturbantes puisqu'ils reçurent la visite d'êtres plus ou moins humains, véritables sondes envoyées par l'océan, et répliques presque parfaites du contenu de leurs rêves, en effet ils apparaissent pdt le sommeil. Mais ce ne sont pas des humains. dans le cas de Kelvin c'est sa femme, morte 10 ans plus tôt par suicide après une série de dispute, et il porte depuis cette culpabilité. Khari le dit d'ailleurs, "je suis votre conscience". On se sait pas ce qui est venu chez Gibbarian qui s'est suicidé, ni ce qui hante Sartorius ou Snaute. Détruit émotionnellement, Kelvin n'est plus du tout un Psy en mission, mais bien un rat de laboratoire, torturé par l'Océan, machine à fabriquer nos rêves ou nos cauchemars !

Khari regarde longuement une toile représentant les hommes à la chasse en hiver, c'est en fait l'Océan qui à travers ses yeux découvrent la terre et ce qu'est un humain, c'est pour l'océan une nouvelle forme de vie minuscule qu'il observe ou p-e joue t il avec en fait, comme un enfant qui martyrise un insecte.

Après avoir envoyé l’électroencéphalogramme de Kelvin vers la planète, les visites cessèrent, confirmant ainsi l'intelligence de la planète, et la mise au point d'un destructeur de neutrinos par Sartorius permit d'annihiler les visiteurs, Khari s'étant porté volontaire car consciente de n'être rien en fait qu'un instrument de torture.

La scène finale indiquant que Kelvin n'était pas retourné sur terre mais bel et bien dans une réplique imparfaite (il pleut à l'intérieur) de la maison familiale pour s'y réconcilier avec ses parents, la scène finale rendant hommage à une toile de Rembrandt. (le retour du fils prodige)


Dans le roman, Kelvin descend sur la planète, se pose et regarde l'océan à la recherche dont ne sait pas quoi, sûrement du retour du clone de Khari et le livre s'achève ainsi, sans autre explication.

le retour du fils prodige (Rembrandt)


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Re: 1972 - Solaris - Tarkovski

Message  nunu21 le Ven 23 Sep 2016 - 19:00

Grand livre et grand film (en même temps Tarkovsi c'est souvent génial)
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