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Le film de guerre au cinéma

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Le film de guerre au cinéma

Message  Rockatanski le Mar 27 Sep 2016 - 19:22

Petit coup de focus dans le rétroviseur sur ce genre que j'affectionne particulièrement....





Les Origines







Les relations entre le monde du cinéma et l'armée sont presque aussi vieilles que le cinéma lui-même.

En effet, aux Etats-Unis le 7ème art est considéré depuis le départ comme un moyen de fédérer le pays et de lui construire une légende (j'ai déjà évoqué ce point dans le topic dédié au western); l'armée prend dès lors l'habitude de collaborer matériellement à la production de films, comme par exemple dans « naissance d'une nation », de D.W Griffith, en 1915, l'un des tous premiers longs métrages du cinéma.

A l'inverse, l'industrie cinématographie soutient pleinement son pays durant la première guerre mondiale. Souvenons-nous de Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks (lesquels créeront avec Mary Pickford et D.W Griffith la United Artists en 1919) sillonnant les routes du pays pour convaincre les leurs de souscrire à l'emprunt de guerre. Un peu plus tard, Chaplin tournera pour la First National en 1918 son second moyen-métrage, « shoulder arms », dans lequel il campe le rôle d'un soldat dans les tranchées de la première guerre mondiale qui finit, après moultes péripéties burlesques, par capturer le Kaiser. Dans les deux cas ce n'est ni un hasard ni de la simple bienfaisance, mais bien l'illustration de la naissance d'une collaboration durable entre l'armée et le monde du cinéma.

Pour autant, le film de guerre ne devient à proprement parler un genre à part entière qu'à partir de la seconde guerre mondiale. Même si en effet avant cette période certains réalisateurs portèrent à l'écran des romans relatifs au premier conflit mondial, comme Lewis Milestone avec « à l'Ouest rien de nouveau » (1930) ou Raymond Bernard avec « les croix de bois » (1931), les références aux conflits contemporains restaient finalement tabous dans le cinéma, et les métrages évoquant la guerre ne le faisaient avant tout que sous un aspect purement historique, retraçant ici la guerre de sécession, retraçant là les guerres antiques, narrant ici les guerres moyen-âgeuses... à telle enseigne d'ailleurs que certains films furent purement et simplement censurés : « Espoir, sierra de Teruel », d'André Malraux, adapté de son propre roman pendant la guerre d'Espagne, dont il relate certains des évènements importants, sera par exemple interdit jusqu'en 1945.

C'est ainsi véritablement lors du second conflit mondial que le film de guerre prend son essor, et non des Etats-Unis mais d'Allemagne où, sous l'impulsion de Joseph Goebbels, le Propaganda-Reichs-Ministrät glorifie les vertus et les exploits des soldats de la wermacht. Ce point est d'ailleurs illustré dans le film beaucoup plus contemporain « inglorious bastards » de Tarentino, dont il constitue l'un des ressorts du scenario. Ainsi, Karl Rittel rend hommage à la Luftwaffe dans « Stuka » (1940) et à la solidarité et la camaraderie des soldats dans « über alles in der welt » (1941), tout comme Gunther Rittau avec « U-Boote westwarts » (1941).

En réponse, et ce dès leur entrée en guerre, l'industrie cinématographique américaine sort l'artillerie lourde : Orson Welles apostrophe le peuple américain dans le New York Post, Ronald Reagan – alors acteur – joue les soldats dans les films de la Warner, James Stewart part au front, Frank Capra prend la direction des services cinématographiques des armées, John ford couvre les opérations militaires dans le Pacifique, Goeges Stevens filme l'avancée des troupes en Europe... dans le même temps, des dizaines de films de guerre sont tournés : d'abord des documentaires puis, très vite, des fictions mettant en scène les soldats américains, avec l'objectif affiché de soutenir le moral des troupes, mais aussi des civils. On peut citer pêle-mêle « la bataille de Midway », de John Ford (1942), « Sergent Yorke », de Howard Hawkes (1942), « les commandos frappent à l'aube », de John Farrow (1943), l'Odyssée du docteur Wassel », de Cecile B. De Mile (1944), « les sacrifiés », de John Ford (1945), « retour aux Philippines » de Edward Dmytryk (1945), « les commandos de la mort » de Lewis Milestone (1945) ...




1945-1970 : l'âge d'or







A l'issue de la guerre, l'heure est à la célébration de la victoire, mais surtout à l'hommage aux combattants. Il est donc peu surprenant que la plupart des productions cinématographiques de 1945 à la fin des années 50 soient orientés en ce sens. Ainsi, « la gloire est à eux » de Brian Desmond Hurst (1946), « Bastogne » de William Wellman (1949), « Iwo Jima », d'Alan Dwan (1949), « opération dans le Pacifique », de George Waggner (1951), « le cri de la victoire » de Raoul Walsh (1954) « les commandos passent à l'attaque » de William Wellman (1958) rendent avant tout hommage au sacrifice et au patriotisme des soldats américains.

Ce n'est que dans la seconde moitié des années 50 que les films de guerre se font plus psychologiques et mettent en avant des questions comme le courage, la lâcheté, l'utilité de la guerre, la vertu, la haine de l'ennemi, etc ...

Le Pont de la rivière Kwaï, de David Lean (1956), mené de bout en bout par le duel psychologique que se livrent un Alec Guiness et un Sesue Hayakawa magistraux, est un des exemples les plus marquants de ces films de guerre réflectifs.

On peut également citer « Attaque », de Robert Aldrich (1956), mettant en opposition permanente les deux notions de courage – personnifiée par le lieutenant Costa - et de lâcheté – incarnée par le capitaine Cooney.

De la même manière, « Les sentiers de la gloire » de Stanley Kubrick (1957) est une émouvante et brillante démonstration de l'absurdité de la guerre.

Encore, l'excellentissime « Bal des maudits » de Edward Dmytryk (1958), ouvre une réflexion intéressante sur l'utilité de la guerre, sa finalité, et la place de chacun dans le conflit.

Puis les années 60 vont marquer un virage important dans la manière d'aborder le film de guerre, et les productions peuvent être classifiées en deux grandes catégories :

La première réside dans la mise en scène de grands évènements du conflit, avec en point d'encrage le cultissime « Jour le plus long » de Darryl Zanuck, Andrew Marton, Gerd Oswald, Bernard Wicki et Ken Annakin (1963) et son casting de légende, narrant par le menu la préparation et la réalisation des opérations du débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Le film bénéficie d'ailleurs – ce qui contribue aussi à sa réussite - de l'appui très important des forces militaires anglaises, britanniques et françaises.

Suivront le peu réussi – et c'est un euphémisme - « la bataille des Ardennes » de Ken Annakin (1966), les très bons « le pont de Remagen » de John Guillermin (1967), « El-Alamein » de Giorgio Ferroni (1969), « la bataille d'Angleterre » de Guy Hamilton (1969), le poussif « Anzio » d'Edward Dmytryk (1968) et l'un des rares films de guerre français sur cette période, l'excellentissime « Paris brûle-t-il » de René Clément.

La seconde est constituée de pures fictions, à gros budget et/ou à casting à forte valeur ajoutée. Don Siegel ouvre la voie en 1962 avec « l'enfer est pour les héros », suivi en 1963 par les immenses succès de John Sturges, « la grande évasion », et de Jack Lee Thompson, « les canons de Navaronne », et celui plus relatif d'Anthony Mann et de ses « héros de Telemark » (1965). Autres succès, « les 12 salopards » de Robert Aldrich (1967), et « quand les aigles attaquent » de Brian G. Hutton (1968). La plupart de ces métrages mettent en scène des missions commando et font la part belle à l'héroïsme et au sens du devoir de ses protagonistes. On y retrouve au générique ce que Hollywood compte de mieux en virilité assumée : Steve McQueen, Charles Bronson, James Coburn, James Gardner, Richard Attenborough, Grégory Peck, Anthony Queen, David Niven, Kirk Douglas, Richard Harris, Lee Marvin, Telly Savallas, Robert Ryan, Richard Burton, Clint Eastwood....




1970-1990 : recul et changement d'orientation







Les années 1970 marquent un net recul des productions guerrières au cinéma. Les valeurs américaines, le patriotisme exacerbé sont rudement mises à mal par la guerre du Vietnam et le pacifisme qui en découle. Contrairement aux 2 précédentes, Sur cette décennie 70, seules sont à signaler une biographie aux 5 oscars, « Patton » de Franklin J. Schaffner (1970), et quatre fictions : « Tora ! Tora ! Tora ! » de Richard Fleisher (1970), « un pont trop loin » de Richard Attenborough (1976), « la bataille de Midway » de Jack Smight (1976), et surtout l'unique film de guerre – mais quel film ! - de Sam Peckimpah, « la croix de fer » (1976 toujours).

La fin des années 70 sonne temporairement le glas des films inspirés par la seconde guerre mondiale, au profit d'un autre conflit : le Vietnam. « Voyage au bout de l'enfer », de Michaël Cimino (1978) ouvre la voie, mais c'est surtout « Apocalypse now » de Francis Ford Coppola, primé à Cannes en 1979, qui amorce véritablement toute une filmographie basée sur ce conflit.

De fait, les films de guerre tournés dans les années 80 sont, à de très rares exceptions près, comme « Das Boot » de Jürgen Prochnow (1981) ou « Requiem pour un massacre » d'Elem Klimov (1984), totalement consacré à la relation de cette guerre.

Chronologiquement, « Rambo », de Ted Kotcheff (1982), « Portés disparus » de Joseph Zito (1984), « Platoon », d'Olivier Stone (1986), « Full metal jacket » de Stanley Kubrick (1987), « Hamburger hill » de John Irvin, « Good morning Vietnam » de Barry Levinson (1987), « Outrages » de Brian De Palma (1989), « Né un 4 juillet » d'Oliver Stone (1989) se penchent, avec plus ou moins de succès, sur la nature de le guerre, la manière de la conduire, ses débordements, mais aussi et c'est une première, sur ses conséquences sur les anciens combattants. Le ton est ici beaucoup plus acerbe, tantôt apologique, tantôt hautement critique et souvent polémique. 10 ans seulement après la fin d'une guerre perdue, qui aura autant troublé la Nation Américaine et dont l'utilité fût régulièrement sujette à caution, la plaie n'était visiblement pas cicatrisée.




1990-2013 : retour en force et diversification totale






Alors que tout semblait avoir été dit et couché sur pellicule, le film de guerre revient étonnamment en force au début des années 90.

Le genre va par ailleurs, durant deux décennies, totalement se diversifier et aborder bon nombre de conflits qui ont pu émailler l'histoire.

« Memphis Belle », de Michael Caton-Jones (1990) ouvre la décennie en racontant l'histoire – romancée et dramatisée à l'extrême – du dernier des 25 vols du B17 Memphis Bell, dont l'objectif est de bombarder une usine d'armement à Brême... si la réalisation est bonne, les effets spéciaux bien travaillés, le film en revanche n'a rien de véritablement exceptionnel et ne m'a pas laissé d'impérissables souvenirs.

Deux ans plus tard, en revanche, le cinéma allemand offre avec « Stalingrad, hiver 1942 » un excellent film traitant, étonnament, de la violence sur le front de l'Est. Très réaliste et soigné, le métrage constitue une vraie réussite dans le genre, et je dirais un film totalement incontournable sur un sujet trop rarement évoqué à l'écran.

L'année 1998 marque indubitablement un événement dans la filmographie de guerre, avec la sortie d' « il faut sauver le soldat Ryan » de Steven Spielberg. L'incroyable scène d'ouverture du film, tournée pour partie caméra à l'épaule, est d'un réalisme absolu et inégalé en la matière. Bien que le propos soit sujet à controverse, parfois excessivement héroïsant, ce film est époustouflant dans la manière de retranscrire brut de décoffrage les scènes de combat et l'horreur de la guerre.

La « ligne rouge », de Terence Malick, sorti la même année, est tout au contraire ouvertement pacifiste. Bien davantage contemplative, la narration de la bataille de Guadalcanal est ici avant tout l'occasion d'une réflexion sur l'utilité de la guerre, nonobstant quelques scènes où la violence est montrée dans toute sa brutalité, pour mieux contraster d'ailleurs avec la modération du propos.

Sort ensuite U571, de Jonathan Mostow (2001), film de sous-marin dans lequel un commando de l'US navy s'empare de la fameuse déchiffreuse enigma... historiquement récupérée par l'armée britannique.. au-delà de cet écart historique, et malgré un casting sympathique et quelques scènes d'action bien menées (dont celle d'ouverture avec la destruction en surface de l'un des deux sous-marins), le film reste pour le moins binaire – gentils américains versus très vilains allemands – et dépourvu d'originalité.

Plus décevant encore, le « Pearl Harbor » de Michaël Bay (2001) : si la longue séquence de l'attaque à Hawaï est particulièrement réussie, le reste du film se résume à un triangle amoureux matiné d'un discours une nouvelle fois ultra patriotique, et à un scénario peu crédible sinon invraisemblable (la palme au décollage d'un bombardier depuis un porte-avion).

La même année, Russel Mulcahy nous offre avec « le bataillon perdu » la reconstitution d'un fait d'arme américain durant la première guerre mondiale, lors duquel 600 soldats résistent en Argone aux assauts répétés de troupes allemandes plus nombreuses, mieux armées et parfaitement ravitaillées. Si Rick « la belle vie » Schroeder est assez convaincant dans son rôle d'officier commandant, la qualité moyenne de la direction (notamment durant les scènes de combat) rend parfois le film pénible à regarder.

Si « Nous étions soldats », de Rendall Wallace (2001) n'apporte pas davantage d'originalité dans la manière de traiter le conflit vietnamien, il est le seul film de cette période à évoquer cette guerre et se laisse tout de même gentillement regarder.

« Windtalkers », de John Woo (2002) porte l'année suivante un éclairage inédit de l'activité des transmetteurs navajo du corps des Marines. Si l'idée de départ est intéressante, le scenario n'a en revanche pas grand chose de transcendant, la mise en scène non plus, donnant parfois le tournis et l'impression d'être « foutraque ».

Suit « Stalingrad » de Jean-Jacques Annaud (2002). Après le film allemand de 1992 évoqué plus haut, j'attendais beaucoup et ma déception fût à l'image de mes attentes : énorme. Après une scène d'ouverture formidable et prometteuse, ce qui aurait pu être une reconstitution réussie d'un des épisodes les plus tragiques de la seconde guerre mondiale s'étire en un long face à face entre deux snipers, la bataille de Stalingrad devenant le simple terrain de chasse, et de jeu, du binôme Jud Law/Ed Harris. Un beau gâchi.

2006 verra sortir deux films médiocres et méconnus dans l'hexagone, « Kokoda, the 39th battalion » d'Alister Grierson, décrivant les conditions de vie et de combat éprouvantes de soldats australiens durant la campagne de Nouvelle-Guinée, et « the great raid » de John Dalh, relatant l'histoire de la libération d'un camp de prisonniers US par un commando... ces deux métrages, dont les sujets sont inspirés d'histoires vraies, auraient pu être intéressants s'ils avaient été traités avec un peu plus de moyen et surtout de talent... ils ne laissent dès lors guère de souvenir impérissable.

Après autant de déception, le meilleur reste pourtant à venir et Clint Eastwood nous offre en 2006 et 2007, avec « la mémoire de nos pères » et « lettres d'Iwo Jima », deux films somptueux, réalistes et pétris d'humanité, mettant pour la toute première fois en opposition deux points de vue simultanés et différents – ici américain et japonnais – sur le même fait guerrier historique. Cette oeuvre, à la qualité esthétique irréprochable et tournée avec maestria, est de mon point de vue un pur joyau et la seconde partie, portée par un Ken Watanabe littéralement habité par son personnage, est sans doute aucun ma préférée.

L'année suivante, Brian Singer évoque dans « Walkyrie » la planification et la mise à exécution de l'attentat manqué contre Adolf Hitler le 20 juillet 1944. Mené par un Tom Cruise plutôt bon et convaincant dans son rôle du colonel Von Stauffenberg, ce métrage est assez réussi.

En 2009, Edward Swick évoque avec « les insurgés » l'histoire des frères Bielski, ayant recueilli en forêt des centaines de juifs pourchassés par l'occupant allemand. Daniel Craig donne de la tête et des épaules dans un rôle tout en virilité, mais le résultat me laisse un sentiment assez mitigé car les ficelles sont parfois un peu grosses, et la narration parfois sans doute un peu trop romancée et éloignée de la réalité historique, perdant en crédibilité.

En 2009 toujours, Quentin Tarantino nous offre avec Inglorious Basterds le destin croisé de plusieurs personnages pendant l'occupation française, sur un ton décalé et parfois loufoque dont il a le secret. Si le casting peut surprendre (Mélanie Laurent ? Wtf ????) et même si ce n'est pas le meilleur Tarantino, la prestation remarquable de Christoph Waltz (récompensée du prix d'interprétation à Cannes) vaut à elle seule le détour.

A noter, en 2010, la sortie de « spitifire » de Matthew Whiteman, et en 2012 celle de « Red Tails » d'Anthony M Hemingway, deux films d'aviation assez bons sans véritable originalité, et dont le second raconte l'histoire d'un bataillon de pilotes noirs américains... un « glory » des airs, en quelque sorte !

En 2011, « Age of heroes » d'Adrian Vitoria, retrace la mission d'un commando d'élite, ancêtre des SAS, durant la seconde guerre mondiale... rien de bien nouveau, si ce n'est la présence aux commandes de l'équipe d'un certain... Ian Flemming, père du futur 007.

Durant cette période et à partir des années 2000, les films de guerre vont quitter les sentiers bien balisés des deux grands conflits mondiaux pour brosser d'autres évènements de l'histoire mondiale, à commencer par la guerre du Golfe, illustrée notamment par « à l'epreuve du feu », d'Edward Zwick (1996), et plus généralement la lutte contre le terrorisme et la défaite de Bagdad, évoquées « la chute du Faucon Noir », de Ridley Scott (2001), « Green Zone » de Paul Greengrass (2008), « Démineurs » (2009) ou très récemment « Zéro dark Thirty » (2012) tous deux de Kathryn Bigelow...

De la même manière, le cinéma asiatique s'ouvre avec un certain talent dans la réalisation aux films de guerre « purs jus » pour évoquer l'histoire beaucoup plus contemporaine de leurs conflits armés.

La Corée ouvre la voie en 2004 avec « Frères de sang », de Kang Je Gyu, évoquant le destin tragique de deux frères sur le front durant la guerre de Corée; suivra en 2012 « the front line » de Jang Hun, narrant l'histoire d'un bataillon luttant âprement pour la conservation et la défense d'un point stratégique (une colline) durant les dernières heures de cette même guerre... de ce point de vue le film a un petit côté « hamburger hill » déjà vu...

La Chine n'est pas en reste et sort en 2007 deux films relatifs à la guerre civile : l'un se situe en amont, « the first of august » de Song Ye Ming et retrace les origines de l'armée chinoise de libération qui débute le 1er août 1927 avec le soulèvement de Nanchang; l'autre se situe en aval, « héros de guerre », et narre la lutte d'une escouade de 46 hommes pour conserver coûte que coûte un poste défensif important.

Enfin, il convient d'observer que la guerre devient aussi – mais ce n'est pas tout à fait nouveau, les années 50 avaient donné lieu à quelques films avant-gardistes sur le sujet - extraterrestre. Paul Verhoven avait fait des terriens d'horribles envahisseurs dans « starship troopers » en 1997; à l'inverse, Roland Emmerich avec « Independance Day » (1996) et Johnathan Liebesman avec « World Invasion, battle for L.A » (2011) nous offrent tour à tour, dans un registre totalement différent, deux invasions d'aliens destructeurs et pilleurs de ressources.





Et la France dans tout ca ?

Le cinéma français s'est étrangement peu penché sur les guerres du XXème siècle, alors même pourtant que notre sol a été le terrain des deux plus grands conflits de l'histoire.

Pudeur ? Manque de moyens matériels ? Trop controversé ? Il y a peut être un peu de vrai dans chacune de ces explications.

La première guerre mondiale ne compte guère plus de films référence que les doigts d'une main : « les croix de bois » de Raymond Bernard (1932), déjà évoqué, « la grande illusion » de Jean Renoir (1937), « la vie et rien d'autre » (1989) et « Capitaine Conan » (1996) de Bertand Tavernier , « la chambre des officiers » de François Dupeyron (2001), et « joyeux Noël » de Christian Carion (2005).... flute j'ai six doigts ! Ces films sont souvent emprunts d'une forte noirceur, et très éloignés de leurs cousins américains.

La seconde guerre mondiale n'a de son côté accouché d'aucun film à proprement parler, à part peut-être « indigènes » (2006) de Rachid Boucharef (encore que ce soit une coproduction franco-belco-maroco-algérienne...), et n'est traitée que sous la forme humoristique ou burlesque, comme avec « Papy fait de la résistance », « la 7ème compagnie » ou « la grande vadrouille ».

C'est bien au contraire le Résistance et/ou la collaboration – et ce n'est sans doute pas un hasard – qui sont mise en avant dans le cinéma. « La bataille du rail » de René Clément (1946), « la ligne de démarcation », de Claude Chabrol (1966), « L'armée des ombres », de Jean-Pierre Melville (1969), « Lucie Aubrac » de Claude Berry (1996), « les femmes de l'ombre » de Jean-Paul Salomé (2008) illustrent le premier volet, tandis que des films comme « le dernier métro » de Fraçois Truffaut (1980), « Lacombe Lucien » (1974) et « au revoir les enfants » (1987) de Louis Malle, sont symboliques de la seconde partie.

Quelques métrages se risquent à évoquer le thème de la déportation, à l'image de « Les Milles » (1995) de Sébastien Grall ou « la rafle » (2009) de Rose Bosch.

La guerre d'Indochine inspire surtout Pierre Schondoerffer, qui signe sur le sujet « la 317ème section » (1965) et « Dien Bien Phu » (1992), deux films forts dont la mise en scène n'a pas grand chose à envier aux productions hollywoodiennes.

La guerre d'Algérie est sans doute la plus mise en image, et la plus controversée. Après une adaptation libre d'un roman de Jean Lartéguy, « les centurions » par Mark Robson (1966), c'est René Vautier qui ouvre véritablement la voie avec un film fort, « avoir 20 ans dans les Aurès » (1972), dans lequel un groupe de réfractaires bretons (ca ne s'invente pas) est confrontée à toute l'atrocité d'un conflit dont ils ne veulent pas... Yves Boisset offre l'année suivant avec « RAS » (1973) un autre film sans concession, dont la production connaîtra d'ailleurs bien des difficultés, finissant amputé de quelques scènes et interdit aux moins de 16 ans... succès commercial , ce métrage n'a pourtant jamais été édité en DVD ! « L'honneur d'un capitaine » de Pierre Schondoerffer (1982) puis « l'ennemi intime » de Florent emilio Siri (2007) viendront encore illustrer cette guerre dans toute sa brutalité.




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Rockatanski

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