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1985 - Brazil - T Gilliam

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1985 - Brazil - T Gilliam

Message  Admins le Jeu 18 Déc 2014 - 19:13


B R A Z I L
Terry Giiliam - UK -




Distribution:
Jonathan Pryce: Sam Lowry
Robert De Niro: Harry Tuttle
Kim Greist: Jill Layton
Katherine Helmond: Ida Lowry, la mère de Sam
Ian Richardson: Mr Warrenn
Michael Palin: Jack Lint
Bob Hoskins: Spoor
Ian Holm : Mr Kurtzmann
Peter Vaughan: Mr Helpmann
Jim Broadbent : le docteur Joffe
Derrick O'Connor: Dowser
Barbara Hicks: Mrs Terrain
Charles McKeown : Lime
Terry Gilliam: espion/voyeur sur la route de Sam
Synopsis:
Dans un futur improbable, le monde de béton déshumanisé par une bureaucratie dictatoriale, Sam est un petit archiviste rêveur qui se retrouve embarqué dans une "erreur" d'état. Chargé de la corriger, il découvrira à la fois l'amour et l'horreur de cette société, comment va t il réagir ?



mon avis:
Terry Gilliam c'est d'abord l'un des "Monty Python", ces 5 humoristes britanniques célèbres des années 70, à qui l'on doit les cultissimes "Sacré Graal" ou "un poisson nommé Wanda", une fois séparés ils continuèrent leurs élucubrations comme ce Brazil dont rien que le titre est anachronique par rapport à l'univers. Gilliam explique que sa principale source d'inspiration fût "1984", le terrifiant roman de G Orwell qui lui aussi décrit un univers dictatorial, en 1948 c'était tout sauf innocent, il caricaturait à peine l'URSS. Rappelons qu'en 1985, l'URSS et la guerre froide existent encore, donc faire ce genre de film est aussi un acte politique. Il y a l'humour gratuit et absurde, comme dans "Sacré Graal", et il y a l'humour comme support satirique, ça passe tj mieux et le message n'en est que plus puissant, une grande tradition britannique, inventeurs de la caricature.


Gilliam assume ses nombreuses inspirations, il a voulu créer un univers oppressant, tout y est gris, sale et le film est quasiment en noir et blanc, du coup on pense à "Métropolis" , mais au delà de ses références il y a surtout de l'absurde avec ces créations Gilliamesques: ordinateurs à loupe et clavier mécanique, ces automates du petit déjeuner, ce téléphone au combiné rétro ou ces publicités pour des tuyaux, omniprésents, gérés par la société d'état "Central Services".


Le plaidoyer du film est le caractère infernal de la réglementation qui détruit toute échappatoire, les formulaires et règlements interdisant à peu près toute initiative. Mais tlm n'accepte pas cette tyrannie et depuis des années des attentats se produisent, c'est le début du film, il existe donc une résistance, symbolisée par Harry Tuttle, incarné par le brillant Robert de Niro qui a du bien kiffer un rôle inhabituel, loufoque mais néanmoins héroïque. Là où le film est génial c'est que ce courageux terroriste est ... un technicien chauffagiste  Laughing  le monde étant à la merci de "Central Service" société qui a le monopole technique de tout ce qui vous entoure: climatisation, chauffage, etc...  tous les tuyaux lui appartiennent et impossible d'y toucher, c'est un crime !

Contre jour, brouillard, contre plongée, travelling oppressant, ... toutes les techniques sont utilisées pour nous immerger dans la noirceur de ce monde angoissant.


Le monde est donc à la fois dictatorial par sa bureaucratie mais aussi technologiquement par la société unique, rude critique de l'entreprise d'état où les techniciens sont diaboliquement puissants, mais c'est aussi l'enfer d'une société aliénée à sa technologie, le tuyau étant possiblement Internet et le symbole de chaines high tech de tout poil, bref le symbole de l'aliénation du monde moderne aux "tuyaux"...


Central Services:

aie ! le climatisateur de Sam tombe en panne et c'est aussitôt une chaleur infernale, et c'est là que surgit un espèce de guerrier qui fait penser à un commando, et qui est un plombier rebelle qui bidouille illégalement le système. l'arrivée des techniciens de CS est digne de la Gestapo, ils sont surpuissants et leur intervention qui devient punitive en laissant tous les tuyaux en plan chez Sam en dit long sur leur toute puissance.

Dans cette ambiance grise, monotone, où les films sont anciens, regardés clandestinement, il n'y a pas d'autre choix que l'évasion par le rêve, et Sam ne s'en prive pas, à chaque temps mort il s'envole et devient le chevalier blanc qui va libérer sa princesse, le rêve étant logiquement haut en couleurs. Aussi quand il pense reconnaître la femme de ses rêves il n'aura d'autre but que de la retrouver...


Au final, un film qui fût un événement à sa sortie, qui forcément séduira moins aujourd'hui du fait de son fond sociologique, même si l'aliénation de l'être humain et l'enfer bureaucratique ne sont  pas forcément une fiction, en tout cas un film incontournable




Dernière édition par Forum le Sam 24 Sep 2016 - 23:32, édité 8 fois
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Re: 1985 - Brazil - T Gilliam

Message  Admins le Sam 20 Déc 2014 - 18:45



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 2e Partie:


Le film durant 2H23 Gilliam aura le temps d'exposer son sujet, en gros la première partie était la mise en place du monde, la présentation des personnages, surtout de Sam évidemment et la préparation de son aventure. La 2e partie débute lorsqu'il aperçoit Jill à l'accueil du bureau de recoupement, disons le il devient complètement fou d'amour et obsédé par la quête de sa dulcinée. Sans trop spoiler disons que c'est dans la 2e partie que Gilliam deploira tout le génie de son délire, le final étant tout simplement époustouflant...

Jill Layton

Mais j'anticipe un peu trop vite, disons que dans cet univers morose, rencontrer l'amour relève du miracle, quand en plus la fille est le portrait craché de la femme de vos rêves, avouez que Sam n'a pas d'autre alternative que d'y croire et de foncer. Et ça pour foncer il fonce, il ne réfléchit plus, lui si méthodique et prudent, il n'hésite plus, et bouscule tout pour atteindre sa Jill. La rencontre dans le camion étant un monument d'anthologie, une déclaration d'amour particulièrement originale et convaincante de sincérité Very Happy  A voir absolument  !!



Final
On se dit Monty Python, ha ha ha , on va être plié en 2 de rire, mais là on est en 1985 et visiblement faire rire n'est plus le seul but de Terry Gilliam, d'ailleurs comme tous les comiques il y a une part triste et tragique cachée derrière les gags, les éclats de rire cachant souvent le malheur. Non Brazil n'est pas une comédie, c'est plutôt un drame et c'est même plutôt terrifiant. Car l'oppression du début du film, adoucie par les beaux rêves de Sam, va carrément virer au cauchemar. De nombreuses de scènes cultes comme la salle de torture, on pense à "orange mécanique" ou la descente des escaliers clin d'oeil superbe à "le cuirassé Potemkine". Tous ces films traitent de l'oppression dictatoriale et des rebellions écrasées, un film de cinéphile et un film engagé, le tout enrobé par l'humour, le délire et la romance.

"Cuirassé Potemkine" - Odessa

Il y a de nombreux autres hommages comme le Samouraï géant de Kurosawa, ou l'ordinateur loupe de "Blade Runner", etc... il serait d'ailleurs amusant de traquer dans le film les nombreuses références cinématographiques (sans regarder les bonus ou wikipédia  :nonnon: ) une idée de jeu tiens  Laughing

Au final un film à plusieurs niveaux, à la richesse incroyable et qui mérite plusieurs visionnages pour bien tout capter, ce que j'appelle du cinéma audacieux, frappé du sceau du génie et qui après 30 ans mérite encore plus le titre de Masterpiece


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